Collegium Musicum Luxemburgense

05 juin 2009

Camerata Generosa

plakat_2_Native de Hongrie, Barbara Székacs est venue au Luxembourg pour parfaire sa formation vocale, et s’inscrit au Conservatoire du Nord dans la classe de chant de Madame Carmen Welter-Jander. En vraie passionnée, elle aura vite fait de se faire remarquer par nombre de chefs de chœurs qui apprécient tous sa présence au pupitre des altos. Mais la vraie vocation de Barbara Székacs ne se limite pas au seul chant choral puisqu’elle mène en parallèle une fructueuse carrière de soliste. Vouant une profonde prédilection à la musique baroque, elle affectionne particulièrement la musique sacrée dont elle parvient toujours à rendre les airs avec une très vive sensibilité. Après plusieurs expériences au sein d’ensembles luxembourgeois, entre autre le Collegium Musicum Luxemburgense, elle vient de créer son propre ensemble instrumental, composé de professionnels et d’amateurs. La Camerata Generosa donnera ses débuts le dimanche 12 juillet 2009 à 20h00 en l’Eglise Protestante à Luxembourg avec un programme consacré à Carl Philipp Emanuel Bach (Sonata Hamburg), Claude Debussy (Syrinx) et Giovanni Battista Pergolesi (Stabat Mater). L’entrée à ce concert est gratuite, le fruit de la quête sera reversé au stand hongrois de l’œuvre caritative du Bazar International du Luxembourg. DSC04179Barbara Székacs et son professeur, Madame Carmen Welter-Jander, assise, à l'occasion d'une répétition pour le "Stabat Mater" de Pergolesi en l'église décanale de Mersch (L) en 2008.

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06 mai 2009

Le Blanchet en Folie

Soir_eMusicale

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17 janvier 2009

Bettange-sur-Mess: 17.01.09 à 19h00

Bettange-sur-Mess
17 janvier 2009

MESSE MUSICALE ANIMEE PAR L’ENSEMBLE
THE ART OF MUSIC
(Dir.: Mick SWITHINBANK)

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Entrée:         Orgues
Chant d'entrée:       Jos Kinzé: No loss ët an dir stëll gin
Kyrie:          Victoria: Missa Dominicalis
Gloria:          Victoria: Missa Dominicalis
Lecture:
Alleluia*:          assemblée et orgue (Magnificat N° 991 - 2)
Psaume:          Récité
Evangile:
Sermon:
Credo:          Victoria: Missa “Ascendens Christus”
Prière universelle*:       Assemblée et orgue (Magnificat N° 993 - 2)
Offertoire:          Plain-chant: Iubilate Deo, universa terra
Préface:          Récitée
Sanctus:          Victoria: Missa Dominicalis
Consécration:       Récitée
Pater noster:          Récité
Agnus Dei:          Victoria: Missa Dominicalis
Communion:       Victoria: O Sacrum Convivium
Prière finale:
Bénédiction finale:
Ite missa est:          Récité
Chant final*:          Großer Gott wir loben dich (Magnificat N° 257 - 1)
Sortie:          Jos Kinzé: Sortie brève N° 1

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01 décembre 2008

Le Collegium à l'école

DSC06895C’est le samedi 29 novembre 2008 que le Collegium Musicum Luxemburgense offrait une heure de musique baroque aux enfants de l’école primaire de Reckange-sur-Mess (L). Durant trois séances consécutives, quatre membres du Collegium présentèrent aux neuf classes de l’école différents instruments à savoir la vielle à roue, le violon et l’alto baroque, le dessus, le ténor et la basse de viole, le luth et le clavecin. C’était donc l’occasion pour Chris Birch, Michel Desgrandschamps, Geneviève Hurner et Pierre Schwickerath de montrer à un public jeune, curieux et réceptif, la beauté et la spécificité des différents instruments.

DSC06899Les enfants, curieux et réceptifs, écoutèrent avec grand intérêt et posèrent mille et une questions sur les différents instruments. C’est à l’occasion d’actions pareilles, que l’on se rend compte du peu de place que l’enseignement réserve à la culture en général et à la musique en particulier, phénomène général et pourtant catastrophique car tous les spécialistes s’accordent pour dire que c’est durant l’enfance que le contact avec le monde culturel et artistique se fait le mieux et qu’il engendre les fruits les plus pérennes.

DSC06897Qu’il nous soit donc permis ici, de remercier le corps enseignant de Reckange-sur-Mess de nous avoir ouvert les portes de leur école, et qu’il nous soit permis de rêver de pouvoir faire découvrir à d’autres enfants encore le monde merveilleux et fabuleux des instruments baroques.

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14 octobre 2008

Collegium Musicum Luxemburgense

DSC04191Formation à vocation pédagogique, le Collegium Musicum Luxemburgense est un ensemble luxembourgeois à géométrie variable qui se compose aussi bien de musiciens amateurs que de professionnels débutants. S’il permet aux amateurs de vivre leur passion pour la musique baroque à leur rythme et leur niveau, il offre l’opportunité aux futurs professionnels de se préparer aux exigences de leur métier de musicien et de pédagogue.

Pour ses deux premiers concerts, le Collegium a choisi d’interpréter deux œuvres majeures de la musique sacrée dédiée à la passion du Christ: le “Stabat mater” de Pergolesi et le cycle de cantates “Membra Jesu nostri” de D. Buxtehude.

Stabat_Mater_0001C’est le samedi 1er mars 2008 que le Collegium a donné le “Stabat mater” de Pergolesi en l’église décanale de Mersch à 20h00 à l’issue de la messe du soir. Pour l’occasion, il était composé de Chris Birch et Johanna Weirich, violons, Isabelle Herold, alto, Christopher Coggill, violone. Les parties vocales étaient tenues par Marie-France Christen, soprano et Barbara Szekacs, alto; toutes deux élèves de la classe de chant de madame Carmen Welter-Jander du Conservatoire d’Ettelbruck. Le continuo était assuré alternativement par Nikola Eckertova, Pierre Schwickerath et de leur professeur Fons van der Linden de la classe de clavecin de ce même conservatoire.DSC04065

buxtehudeA4_1_0001Le second concert a eu lieu le dimanche 16 mars 2008 à 16h00 en l’église paroissiale de Bettange-sur-Mess et était consacré au cycle “Membra Jesu nostri” de D. Buxtehude. Les parties vocales étaient tenues par Gabrielle Rinié et Annick Hoerner, sopranos; Catherine Faber, alto; Raphaël Saur, ténor; Bruno Hoerner, basse alors que les parties instrumentales étaient tenues par Chris Birch & Johanna Weirich, violons; Michel Desgrandschamps, Alexandra Protopapadakis, Patrice Rausch, Edward Seymour, violes de gambe; Christopher Coggill, violone et Pierre Schwickerath, orgue et clavecin.

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The Royall Musick

DSC04224Eglise de Bettange-sur-Mess
19 octobre 2008 à 16h00

The Royall Musick

Avec le présent concert, il se tourne exclusivement vers la musique britannique allant de la fin du 16e au début du 17e siècles. Presque toutes ces pièces furent exécutées à la cour royale qui employait les meilleurs compositeurs du moment. La royal music connut un grand essor sous les premiers Tudor (Henry VII et VIII) et se composait des musiciens de la Presence Chamber, de la Privy Chamber et de la Bedchamber auxquels pouvaient se joindre les chanteurs de la Chapel Royal. Sous le règne d'Elisabeth I, la Royall Musick compta environ trente musiciens alors que la Chapel Royal comptait près de quarante chanteurs. Conçu par Christopher Coggill, le présent concert s'articule autour des Seven Tears de John Dowland auxquelles sont adjointes des pages de W. Byrd, J. Coprario, Th. Morley, O. Gibbons et d'autres. Exécutants: Barbara Hall, chant; A. Protopapadakis, M. Desgrandschamps, J. Weyrich, C. Birch, E. Seymour, P. Rausch, C. Coggill, violes et violons ainsi que David Fox, luth et Mick Swithinbank, clavecin.

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The Royall Musick

Notre programme s’articule autour de la musique anglaise de la fin du 16e et du début du 17e siècles. La plupart de cette musique fut écrite par des compositeurs travaillant pour la cour royale qui employait les meilleurs musiciens du pays. La musique royale connut un essor considérable sous les premiers Tudor (Henry VII et Henry VIII) et inclut des musiciens de la Presence Chamber, de la Privy Chamber et de la Bedchamber ainsi que des chantres de la Chapel Royal. L’expansion était due principalement à l’engagement de musiciens étrangers, souvent des juifs italiens, dont les familles s'installèrent rapidement et et gardèrent les charges royales comme un héritage familial. Sous Elisabeth I, la Royall Musick compta près de trente musiciens alors que la Chapel Royal rassembla plus de quarante chantres.

DSC06760La cour d’Elisabeth était une place publique et ses préférences musicales devinrent évidemment des impératifs stylistiques, surtout pour les sujets les plus nantis. De plus, Elisabeth entreprit presque annuellement de longs voyages de plusieurs mois, amenant toute sa suite. Ses hôtes devaient pourvoir à chacun et lui prodiguer de la musique et des délassements. Comme certaines de ces maisons nanties occupaient quelques musiciens, la plupart d'entre eux étaient indépendants pour ces occasions. Des enfants de choeur formés au chant et au jeu de la viole, étaient particulièrement appréciés puisqu'ils étaient doués pour le théâtre et la musique. Plus tard sous le règne, à mesure que les libéralités royales se firent plus autocratiques, des compagnies d'acteurs professionnels se spécialisèrent dans la présentation dramatique. Le mélange hardi de drame, musique, danse, machines de scènes et scénarios opulents s'érigea bientôt en mascarades pour divertir l'oreille et l'œil royal.

Elisabeth décède en 1603 et son successeur, James VI d'Ecosse, emmène avec lui son fils aîné Henry à Londres. Henry avait également sa propre musique privée mais lorsqu'il mourut prématurément en 1613 à l'âge de 18 ans, la plupart de ses musiciens furent repris par son frère Charles. Ayant confié la direction de son ensemble à John Coprario, Charles réussit à créer l'ensemble instrumental le plus moderne de l'Europe. Il put compter en son sein des musiciens aussi renommés que le claveciniste et organiste Orlando Gibbons, le luthiste Robert Johnson, les frères Lawes, deux générations de la famille Lupo, Alfonso Ferrabosco II, et le vénitien Angelo Notari, nouvellement immigré.

DSC06740Deux membres du groupe (qui fut connu sous le nom de Coprario's Musick) étaient des violonistes et il semble clairement indiqué par la tessiture des parties séparées que l'on pratiquait la musique en groupe mixte de violons et violes soutenus harmoniquement par des claviers, luths et basses de viole. Gibbons et Coprario furent évidemment les maîtres de ces sonorités nouvelles alors que Coprario allait conduire la fantaisie instrumentale héritée du XVIe siècle vers la Suite en l'augmentant de mouvements issus de la danse – comme l'allemande, la courante, et le sarabande (en effet, les maîtres de danse venaient généralement de la France).

Le divertissement musical formel devint bien vite un événement du règne de James: lui et son auguste épouse (Anne du Danemark) organisèrent annuellement l'un pour l'autre une mascarade durant laquelle on assignait à un grand nombre de l'assistance aristocratique un rôle formel. Les partitions n'ont pas survécu, mais l'on pense qu'un grand nombre des chansons et des danses qui nous sont parvenues de cette période furent originellement écrites pour la mascarade et furent rendues populaires et accessibles sous des formes modifiées, en leur soumettant par exemple de nouvelles paroles. Des compositeurs au talent multiple, tels que Campion (un poète) et Lanier (chanteur et peintre) étaient particulièrement demandés pour ces événements, et il arrivait même que la totalité de la Royall Musick ne suffise pas pour ces extravagances de sorte que l'on renforçait les rangs par des chantres de la cathédrale St. Paul ou encore par des musiciens indépendants.

DSC06757C'est en 1613, que la princesse Elisabeth épouse l'Electeur Palatin, Frédéric V. Trois compositeurs – Byrd, Bull et Gibbons – composèrent un livre de célébration avec de la musique pour clavier imprimé à partir de plaques de cuivre gravées. Des trois mascarades que l'on donnait cette année là, c'est le Lord's Masque, composé principalement par Thomas Campion, qui était destiné au couple royal. Nombre des exécutants firent un voyage à Heidelberg pour la doublure de l'exécution à la cour de l'Electeur. Car il ne faut pas oublier que c'était une époque durant laquelle de nombreux musiciens anglais sillonnèrent les routes européennes de Vienne à Madrid, d'Innsbruck à Hambourg et Elsenor.

C'est ainsi que notre concert de musique de la cour anglaise n'aurait pas paru si étrange à un public luxembourgeois il y a quatre siècles. Après tout, St. Willibrord était un Anglais.

DSC06724Lachrimæ

John Dowland (1563-1626) est considéré comme le plus grand luthiste de son temps. Ses tentatives de décrocher un poste à la cour anglaise échouèrent sans doute à cause de son catholicisme et il passa une grande partie de sa vie professionnelle en Allemagne du Nord et à la cour royale du Danemark. Il nous a légué cinq livres de chansons et peut-être une centaine de pièces pour luth. C'est en 1605 qu'il retourna en Angleterre pour la publication de son œuvre la plus célèbre, les Lachrimæ. Il eut peut-être un poste à la cour de Londres sous le roi James et participa comme luthiste aux festivités des noces d'Elisabeth et de Frédéric. Il participa également aux funérailles de James. Le thème des Lachrimæ est tiré de Flow, my tears, extrait de son premier livre de chansons. La cellule de quatre notes qui engendre la mélodie, est récurrente dans toute la musique européenne de cette époque et n'est donc pas spécifique à la seule musique anglaise. On la retrouve non seulement dans des pavanes de Holborne, Lawes, Gibbons, Tomkins, Jenkins et tant d'autres mais également dans la musique de l'Allemagne. Dowland a composé sept pavanes de Lachrimæ, explorant chacun des aspects différents de la douleur de l'amour contrarié.

Though Amaryllis dance in Green

William Byrd (c. 1540-1623) fut l'un des rares compositeurs catholiques à jouir d'un poste à la cour d'Elisabeth. Il est considéré de nos jours comme l'un des plus grands compositeurs européens, estime que devait déjà lui témoigner son auguste employeur. Il influença le développement du consort de violes, en l'éloignant du modèle initial imprégné à ses débuts par Christopher Tye (le professeur de musique d'Elisabeth) dont le style était basé sur des cantiques d'église pour le conduire vers une forme libre en lui adjoignant de la musique populaire. Il contribua à la création d'une forme agrandie de la musique du verse anthem, il s'engagea pour l'éducation et le divertissement des choraux, et il fut le créateur du consort song, pour voix et violes. Il était également un compositeur formidable pour le clavier. Enfant de chœur, il aura certainement entendu le jeu d'Antonio Cabezon, l'organiste impérial, tout comme il rencontra le maître de musique impérial, Philippe de Monte à l'occasion des noces de Queen Mary avec Philippe II d'Espagne. Il restera d'ailleurs en contact épistolaire avec Philippe de Monte: certaines de leurs pièces explorent des thèmes communs, mais Byrd a souvent utilisé l'opportunité de cette production de compositions pour soutenir la communauté catholique d'Angleterre.

Suite in C

John Coprario, (1575-1626) était le compositeur préféré du prince Charles dont il avait en charge sa musique privée. Coprario enseigna la viole au prince Henry et son élève William Lawes l'enseigna à Charles. Coprario rédigea son traité How to compose (Comment composer) pour Lawes. Il semble qu'il ait effectué quelques voyages dans le sud de l'Europe (tout comme il faisait partie de ceux qui se rendirent à Heidelberg). Payant son tribut à la mode humaniste, il italianisa son nom John Cooper en Coprario. C'est avec les suites de Coprario que la transition vers le baroque se fait plus clairement entendre. Mais ce n'est pas tant le continuo (qui est davantage l'implantation technique des idées baroques) qui est en cause mais l'esprit baroque: le développement de la rhétorique, du drame et de la déclamation dans la musique.

April is in my Mistress' Face

Morley était élève de Byrd et put donc jouir de l'appui de la famille Paston de Norwich, mais il n'est pas connu comme catholique. Sa réputation se fonde sur son livre A plaine and easy Introduction to practical Music (Essai simple et facile pour la pratique de la musique) ainsi que sur sa compilation d'un groupe de madrigaux The Triumphs of Oriana en l'honneur de la reine Elisabeth. Il composa également des chansons pour voix et luth ainsi que des œuvres pour le broken consort anglais comprenant violon, flûte, luth, basse de viole, cythare et bandora, un effectif associé au nouveau théâtre professionnel. Certains de ses madrigaux montrèrent l'influence du madrigal italien adapté au goût anglais dans un ouvrage publié en 1588 par Nicholas Yonge sous le titre de Musica Transalpina. (Celui-ci dirigea d'ailleurs un important chantier de publications de madrigaux de compositeurs anglais.) Morley décéda en 1603.

Parthenia and the Fitzwilliam Virginal Books

Orlando Gibbons (1583-1628) était chantre au King's College de Cambridge. Il devint organiste de la chapelle royale en 1605. Il était l'éditeur de Parthenia, un cadeau de mariage composé en collaboration avec Byrd et Bull, pour les noces de la princesse Elisabeth avec l'Electeur Frédéric.

The Fitzwilliam Virginal Book est le manuscrit d'une compilation que le catholique opposant, Françis Tregian, rédigea entre 1609 et 1619 lors de son emprisonnement. Il contient des pièces de Gibbons, Morley, Farnabye, Phillips, Bull et Richardson ainsi que quelques pages de compositeurs continentaux. Giles Farnabye (1563-1640) était un excellent claviériste et un ébéniste qui s'est probablement spécialisé dans la facture d'instruments à clavier.

DSC04064Harke, harke

Tobias Hume (1569-1645) était mercenaire, un officier d'abord à la solde de l'armée du roi de Suède et passa plus tard dans l'armée du Tsar russe (Boris Godounov). Lors de sa retraite à Londres, il publia The first part of Ayres. C'est vers 1605 qu'il se brouilla avec Dowland dans un échange vigoureux au sujet des mérites relatifs du luth et de la viole. Certains pensent qu'il servait à Shakespeare comme modèle pour Sir Andrew Aguecheek (Il joue de la viole et parle trois ou quatre langues, mot à mot sans livre: 'La Nuit des Rois' Shakespeare) Et finalement, l'on retrouve dans son livre la première mention historique des termes pizzicato et col legno.

All Creatures now

Peu de choses nous sont connues de John Bennet (1575-1614). Son madrigal Weep, weep, mine eyes publié en 1599 dans son livre de madrigaux, fait référence aux Lachrimæ de Dowland. All creatures now est issu de la collection Oriana de Morley.

Suite in C

Charles Coleman (?-1664) participa comme musicien aux funérailles du roi James. Il composa également différentes mascarades pour Charles I qu'il exécuta lui-même (chant et luth). Il semble cependant qu' il fut ensuite du côté des Puritains. Il composa une grande partie du premier opéra anglais The Siege of Rhodes (1656) dans lequel son fils et sa belle fille Katherine Ferrabosco chantèrent. Il regagna un poste royal à la Restauration. La Suite que nous jouons aujourd'hui fut probablement, à son origine, de la musique de mascarades pour Charles I.

It fell on a Summer's Day

Poète, chanteur, luthiste et compositeur, Thomas Campion est né en 1567 et décédé en 1620. Il fit des études de droit, mais se tourna plus tard vers la médecine, après avoir entrepris un périple de trois années à travers la France. Il rédigea des traités théoriques sur la composition musicale et la versification poétique. Il collabora à un certain nombre de mascarades dont la plus célèbre est celle qui fut présentée lors des noces de la princesse Elisabeth et de l'électeur Frédéric. Il mit non seulement ses propres vers en musique mais également ceux de Rosseter et de Pilkington avec lesquels il dut nouer des liens plus étroits puisque ceux-ci mirent également en musique des vers de Campion.

DSC06743Four-note Pavan

Voilà une bien étrange histoire que celle de la famille Ferrabosco. Alfonso Ferrabosco I, né en Italie, compositeur et violiste, émigra vers l'Angleterre où il devint un grand favori de la reine Elisabeth après une carrière inégale en Italie et en France. Il retourna vers le continent Européen à deux ou trois reprises fort rapprochées, ce qui suscita, tout comme sa fréquentation de la messe catholique dans la résidence de l'ambassadeur de France à Londres, des rumeurs quant à sa loyauté politique: l'on n'hésite pas à l'appeler Le 007 des compositeurs. Ainsi, lorsqu'il quitta l'Angleterre pour de bon, il fut obligé de la quitter sans son fils ni sa fille, sans doute comme gage de son silence. pour assurer la sauvegarde de ses biens.

Alfonso II (1575-1628) devint finalement un musicien aussi accompli que son père, un des compositeurs les plus éminents pour la musique de viole. Avec son beau-frère, le maître de la musique royale Nicholas Lanier, il fut l'initiateur du récitatif anglais. Comme musicien, il participa à de nombreuses mascarades royales qui émaillèrent le règne carolingien et qui furent organisése par le poète Ben Jonson et l'architecte Inigo Jones. La notoriété de la Four-note pavan fut telle que Jonson rédigea des vers pour le thème des quatre notes.

The Lord's Masque

Cette courte pièce extraite de Parthenia Inviolata - une sorte de suite de Parthenia arrangé par Thomas Ravenscroft - est de toute évidence un arrangement d'une danse de mascarade.

The Duchess of Brunswick's Toy

Né en 1562 et décédé en 1628, John Bull était le prédécesseur de Gibbons comme organiste à la Chapelle Royale et le professeur de musique de Gresham à Londres. Mais il semble qu'il fut également un adultère notoire qui dut éventuellement fuir l'Angleterre en prenant un emploi aux Pays-Bas où il prit une part importante dans le développement de l'école d'orgue néerlandaise bourgeonnante.

DSC06735Fantasy à 6

William Lawes (1602-1645) dut peut-être sa promotion précoce au sein de la Musique Royale à la présence de son frère Henry et de son maître Coprario. Mais il fut lui-même un grand original, composant de la musique aussi audacieuse que dramatique. C'est avec les fantaisies de Lawes que nous pouvons enfin accepter que la musique soit davantage écrite pour des exécutions publiques plutôt que pour le seul plaisir des exécutants. Sa mort précoce, abattu dans l'armée du roi lors du siège de Chester, fut une grande perte pour la musique.

Christopher Coggill

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13 octobre 2008

Le Clavecin

Le_BlanchetLe clavecin français est de loin le clavecin le plus beau et le plus sensible qui soit. Clarté du dialogue, profondeur abyssale des basses, force d'expression et noblesse musicale ne sont que quelques maigres qualificatifs qui tentent vainement de s'approcher de la réalité physique de l'instrument. Les clavecinistes français ne s'y sont d'ailleurs point trompé lorsqu' à l'inverse des maîtres anglo-saxons, ils ont préféré renoncer à briller de mille feux par une virtuosité exubérante ou une polyphonie touffue au profit d'une musique plus intime faite de grâce, de légèreté et de sensibilité.

Ce clavecin est une copie d’un Blanchet de 1736 réalisé et terminé en avril 2007 par le facteur belge Jean-Luc Wolfs-Dachy.

Il ne s’agit cependant pas d’une copie “historique” car l’étendue du clavier a été portée à 5 octaves complètes (Fa-fa).

Afin de répondre aux besoins des musiciens du XXIe siècle, l’instrument a été rendu transpositeur 440, 415 et 392Hz. Il possède deux jeux de 8’ et est muni d’un jeu de luth.

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12 octobre 2008

En répétition

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Chris Birch & Johanna Weirich, violons; Christopher Coggill, violone & Nikola Eckertova à l'orgue:
Répétition en l'église de Mersch (L). Il s'agit d'un magnifique orgue de chœur de Georg Westenfelder

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Carmen Welter-Jander, professeur de chant au conservatoire d'Ettelbruck (L) et son élève Barbara Székacs lors de la répétition pour le Stabat Mater de Pergolesi. A l'orgue: Fons van der Linden, professeur de clavecin et de basse continue au même conservatoire.

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L'église de Bettange-sur-Mess (L) avec son superbe orgue de Georg Westenfelder: vue du chœur avec l'orgue


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11 octobre 2008

Un écrin de lumière

Situé à quelques kilomètres de Luxembourg, l'église de Bettange-sur-Mess est un véritable écrin de lumière.

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10 octobre 2008

Jean-Noël HAMAL (1709-1778)

Un compositeur à découvrir

Baptisé le 23 décembre 1709, Jean-Noël Hamal sera l’un des plus brillants compositeurs de la principauté de Liège. Il reçoit son premier enseignement musical de son père, Henri-Guillaume Hamal, maître de chapelle de la Cathédrale Saint-Lambert de Liège. Très tôt cependant, il sera admis comme “choral” à la Cathédrale où il pourra poursuivre son apprentissage musical. Bénéficiant d’une bourse de la Fondation Darchis, il part pour l’Italie où il séjourne au Collège liégeois de Rome de 1728 à 1731. Et c’est en cette année 1731 que Jean-Noël Hamal reçoit la tonsure.

Le 9 juillet 1738, il est nommé Intonateur et Maître de Musique de la Cathédrale de Liège. Dès cette année là, il organise des concerts d’hiver à l’Hôtel de Ville. En 1745, il est nommé chanoine impérial et reçoit la prébende impériale de Saint-Remacle. En 1749-50, il fait un second séjour en Italie.

Jean-Noël Hamal se soucie cependant fort peu des tâches qui lui incombent à la Cathédrale et le Chapitre lui adresse de nombreux rappels à l’ordre. Finalement, les postes d’intonateur et d’enseignant lui seront retirés et seront confiés à son neveu Henri Hamal. Jean-Noël décèdera le 26 novembre 1778.

Jean-Noël Hamal nous légua une œuvre riche et diverse dans laquelle la musique sacrée joue un rôle prédominant. On y trouve de nombreux motets, messes, psaumes, cantates, litanies, Lamento, oratorios et Te Deum. Dans le genre instrumental, Hamal a composé des symphonies et des ouvertures. Ce qui, à ce jour, a cependant le plus marqué les historiens, c’est son apport dans le domaine de l’opéra puisqu’il a à son actif quatre opéras burlesques en wallon.

La plupart de son œuvre est conservée sous forme manuscrite, tant autographe que non autographe, à la Bibliothèque du Conservatoire Royal de Liège qui a acquis l’immense corpus de musique liégeoise rassemblé par le musicographe Léonard Terry ( ?-1882). D’autres œuvres se trouvent au Conservatoire Royal de Bruxelles et au Conservatoire National de Musique de Paris.

_1__Omnes_1Les Répons pour le Vendredi-Saint

C’est le 9 avril 1756 que Jean-Noël Hamal offre son ensemble de 27 Répons pour la semaine sainte au Chapitre de Saint-Lambert. Nous pouvons donc en conclure que l’œuvre fut écrite pour la semaine sainte de cette même année et exécutée sous sa direction par les choraux de la Cathédrale.

Ce qui frappe à la lecture des manuscrits, réalisés par le copiste Martin, c’est l’extrême économie des moyens mis en œuvre: deux parties instrumentales non spécifiées notées en clé de sol2, quatre parties vocales notées en ut1, ut3, ut4 et fa4 ainsi qu’une basse chiffrée en fa4. L’écriture musicale est très lisible, sans beaucoup de ratures ce qui rend le document fiable. La notation du texte latin est également très soignée bien qu’il faille, de temps à autre, redresser des erreurs du copiste. La quasi-absence d’ornements donne un caractère austère à la partition, ce qui correspond aux exigences émises par le Concile de Trente au sujet des Lamentations et des offices des ténèbres.

_1__Omnes_4Trop peu connue, la musique de Jean-Noël Hamal n’est pas restée injouée durant ces dernières années. Les musiciens belges se sont penchés à plusieurs reprises sur ce patrimoine qui gagne à être diffusé plus amplement et quelques rares œuvres ont déjà été enregistrées.

Parmi les pionniers il faut compter la Chorale Universitaire de Liège qui a enregistré l’oratorio JUDITH TRIUMPHANS en compagnie de l’ensemble Instrumental des Solistes de Liège sous la direction de Frédéric Anspach.

Un autre oratorio IN EXITU ISRAËL se trouve également enregistré.

Hubert Schoonbroodt, quant à lui, a enregistré les SONATA DA CAMERA à la tête du Camerata Leodiensis.

Enfin, il faut encore signaler spécialement les transcriptions manuelles, réalisées à partir de 1979 par Ghislain Zeevaert qui, par son travail inlassable de “moine copiste”, nous avait fait connaître cette belle musique. La gravure, que nous avons réalisée à partir des copies conservées au Conservatoire de Liège, se veut être à la fois un hommage et un dépassement de tous ces travaux de pionnier, sans les quels, notre connaissance de ce patrimoine ne serait pas si forte.

Pierre Schwickerath
Musicologue

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